TORRENT
Court sur les rochers
Sans jamais reposer,
Dans les sables serpente
Où l'érosion enfante
Ces graviers minuscules
Que le courant bouscule.
Du temps, il faut du temps
A notre échelle pourtant
Ce temps n'existe pas,
Ne s'appréhende pas,
Le chant de l'eau apaise
Et des soucis délaisse.
Nous envahit alors
Un sentiment si fort
Que seul l'abandon
Entraîne le pardon,
Nos fautes disparaissent
Noyées dans sa tendresse.
L'eau fuit sur la rocaille,
Se perd entre ses failles,
Son chant au fond me berce,
Bouscule ce qui pèse,
Chaos d'un pêle-mêle
Et m'entraîne avec elle.